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Comment nous voulons faire bouger les lignes pour la parité dans la tech

Par Emmanuelle Pierre, Talent Acquisition Specialist & Référente de la mission Femmes dans le Numérique du boncoin Groupe

Au boncoin, nous avons décidé d’être proactifs pour augmenter la part de femmes dans la tech. Nous sommes partis d’un constat : rares sont les années où le nombre de femmes occupant un poste dans les métiers de la tech française augmente. Pire encore : elles sont passées de pionnières du secteur à minorité presque invisible. Et elles peinent encore aujourd’hui à y trouver leur place. Cette situation est loin d’être satisfaisante pour les entreprises comme pour la société… Surtout lorsque l’on s’intéresse aux raisons pour lesquelles elles s’en détournent : orientation genrée dès l’école, sexisme dans le milieu, univers majoritairement masculin, etc.

Au boncoin, nous sommes convaincus qu’il est du devoir de l’entreprise de s’engager sur ces sujets. Il est du devoir de ceux qui la dirigent de participer à l’amorce de ces transformations. L’égalité entre les hommes et les femmes est un enjeu majeur, si ce n’est incontournable. Parce qu’elle participe à améliorer la qualité de vie au travail, la croissance de la société en encourageant l’arrivée de nouveaux profils dans des métiers en tension, mais aussi (et non des moindres !) à la productivité et la rentabilité de l’entreprise.

Au boncoin, nous ne recherchons pas la parité numéraire, avec une stricte répartition de 50 % de femmes pour 50 % d’hommes. Tout d’abord, parce que nous n’y voyons pas d’intérêt. Ensuite, parce que ce n’est pas toujours possible. Pour nous, s’engager dans l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est créer un équilibre : la répartition est aujourd’hui de 46 % de femmes et 54 % d’hommes. C’est créer un climat de confiance. Mais surtout, c’est garantir l’égalité d’accès à toutes les fonctions ; s’assurer d’une égalité entre les salaires à fonction égale ; offrir les mêmes perspectives d’évolution. En résumé, donner des chances égales à chacun, à chaque étape de sa relation avec notre groupe.

Les fonctions RH, en première ligne 

Concrètement, l’égalité entre les hommes et les femmes, cela s’observe, d’abord. Puis, cela s’améliore. En tant que chargée de recrutement, l’engagement en faveur de l’égalité constitue mon quotidien, tout comme celui de l’ensemble des fonctions des ressources humaines : recrutement, entretiens annuels, promotions… les implications sont nombreuses.

Mais cet engagement dépasse en réalité souvent le cadre de nos métiers, et de nos compétences. Car on ne peut pas juste « décider que l’on va recruter davantage de femmes ». La parité n’existe pas partout. En particulier dans les métiers les plus en tension, à l’image des fonctions techniques, que nous sommes amenés à recruter régulièrement, en tant qu’entreprise du numérique. Certes, les choses ont évolué ces dernières années. Nous recevons sur les métiers « front », plus de candidatures de femmes qu’auparavant – même si nous sommes loin de la révolution. Mais sur d’autres, nous ne recevons parfois aucun CV féminin – je pense particulièrement au métier de développeur Android. Et pour cette raison notamment, nos équipes peinent à se rééquilibrer.

Nous avons fait des progrès. Si les fonctions tech ne comptaient que 14 % de femmes il y a deux ans, elles représentent aujourd’hui 16 %. Ce n’est évidemment pas assez. Raison pour laquelle nous avons accéléré. Concrètement. Efficacement.

De la sensibilisation à l’action

Le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes est né au boncoin grâce aux initiatives de collaborateurs souhaitant sensibiliser leurs collègues au manque de parité dans le secteur du numérique. Et surtout à l’histoire de la place des femmes dans le secteur de la tech. Dont elles ont posé les principaux jalons. Rappelons par exemple que la Britannique Ada Lovelace fut à l’origine du premier programme informatique, dans la première moitié du 19e siècle ; et que Margaret Hamilton, informaticienne, conçut le système embarqué du programme spatial de la mission Apollo 11 dans les années 1960… entre autres ! Dès lors Comment inverser la tendance et leur redonner la place qu’elles occupaient il y a plusieurs décennies ?

Fin 2019, nous avons créé le comité « Femmes dans le numérique », dont je suis la référente, parrainé par Julien Jouhault, notre Chief Technical Officer (CTO), qui porte nos réflexions auprès des dirigeants du groupe. La mission de ce comité ? Garantir l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et créer un environnement égalitaire pour tous. Ses axes de travail ? La sensibilisation, le recrutement, l’évolution.

Et parce que l’égalité se pense de manière globale et systémique, nous avons mis en place des actions visant à la fois à sensibiliser nos collaborateurs et à faire évoluer nos processus. Ainsi, en interne, managers et responsables des ressources humaines ont été dans un premier temps formés sur la question des biais cognitifs. Parce qu’ils influencent le management, mais aussi le recrutement – de la création de l’annonce à l’entretien final – en prendre conscience est le premier pas pour désamorcer les bases des inégalités. En conséquence, nos processus de recrutement ont été entièrement adaptés. De l’écriture inclusive au choix des mots, toutes nos annonces suivent un process précis de rédaction, afin d’éviter toute dérive. Un équilibre que nous appliquons également lors de nos entretiens, en faisant en sorte qu’ils incluent systématiquement une femme manager pour les métiers à dominante masculine, et inversement.

Et puis il y a l’évolution salariale. L’enjeu ? Maintenir les femmes à des postes techniques, dont elles ont aujourd’hui tendance à se détourner après quelques années. En cause, le manque de considération, de perspectives, les difficultés à s’imposer dans un milieu masculin… Pour cela, nous avons développé un programme de formations « Carrières au féminin » pour leur permettre de s’épanouir, d’évoluer, de développer leur leadership, et d’accéder à des fonctions de management.

Pour l’égalité dans l’accès à la formation

Bien sûr, nous menons des combats en interne. Mais n’oublions pas que la plus grande bataille se joue avant même l’entrée de nos collaborateurs dans le monde du travail. Combler durablement ce « gender gap » passe avant tout, et ce très tôt, par l’orientation et la formation. Il s’agit de repenser la façon dont sont présentés les métiers de demain dans les écoles. Ainsi, nous accueillons régulièrement des classes de collégiens et de lycéens – désormais virtuellement – et leur présentons les coulisses de cette plateforme qu’ils connaissent bien, de son application, et leur expliquons les métiers et les formations qui y mènent. Car l’orientation aussi doit être dégenrée : seules 29 % de lycéennes choisissent aujourd’hui la spécialité « informatique et sciences du numérique » en terminale !

Enfin, il y a la formation tout au long de la vie. À ce niveau aussi, nous avons décidé de nous engager activement. En soutenant deux programmes de reconversion des femmes dans le code : #MissCode, en partenariat avec Simplon.Co – dont nous avons recruté cinq participantes –, et Les Fantestiques, avec Pôle Emploi et l’organisme de formation Acial. À l’issue de ces formations, et du stage qu’elles ont réalisé chez nous, nous avons d’ailleurs embauché en CDI quasiment toutes les femmes qui ont participé à ces programmes !

Et demain ?

Aujourd’hui, nous sommes déterminés à poursuivre nos engagements pour atteindre un taux de 22 % de femmes au sein de nos métiers techniques en 2023. Notre feuille de route se fonde sur l’amélioration de notre note attribuée par l’Index égalité professionnelle, de 81/100 cette année  – soit une progression de 5 points par rapport à 2019. Elle passera notamment par la signature d’une charte de l’égalité et la création d’un guide sur la parentalité.

La place des femmes dans la tech est un sujet de fond. Nous ne sommes qu’au début de nos démarches, mais nos ambitions sont larges. Pour l’égalité des genres, pour la productivité de l’entreprise, et pour la création de valeur. Parce que plus nous créerons des emplois, plus nous aurons besoin de monde pour les occuper.

Parce que nous ne pouvons pas nous passer de 50 % de l’humanité.